Société de Recouvrement des Créances : la montée en puissance d’un outil stratégique de l’État pour protéger la fortune publique

Depuis novembre 2025, la Société de Recouvrement des Créances du Cameroun (SRC) déroule une séquence d’activités particulièrement dense, à la croisée de deux impératifs : accélérer le recouvrement effectif des créances de l’État sur le territoire national et à l’étranger, et renforcer, à l’international, les capacités de coopération nécessaire à la localisation et à la sécurisation des avoirs criminels situés hors du pays. Dans un contexte où la récupération des avoirs criminels se heurte souvent à des montages financiers complexes et à l’extraterritorialité des patrimoines, la SRC avance sur plusieurs fronts, avec une ligne directrice : faire du recouvrement une politique publique pleinement opérationnelle, mesurable et rédible.

Une action de terrain intensifiée : du recouvrement à la matérialisation des actifs

Sur le plan opérationnel, la période récente marque sur le territoire national un renforcement des interventions de terrain. La SRC met l’accent sur la matérialisation des voies d’exécution : la localisation des patrimoines des débiteurs, l’intensification du recouvrement par l’exercice du privilège du trésor, les saisies immobilières et les prises de possession des biens immobiliers confisqués. À l’extérieur, notamment en France, avec le concours du MINFI, des procédures de recouvrement et d’exequatur des décisions de justice ont été engagées. Nous restons dans l’attente des premières décisions. En Afrique, des décisions d’exequatur ont été rendues, ouvrant ainsi la possibilité d’engager les procédures de recouvrement contre les débiteurs concernés.

Une projection internationale cohérente : traque des avoirs et coopération

L’une des caractéristiques fortes de la séquence ouverte fin 2025 réside dans la cohérence de l’agenda international de la SRC. L’institution a multiplié les rendez-vous de coopération et de montée en expertise, dans un domaine où les standards et les réseaux sont devenus déterminants : recouvrement des avoirs criminels, lutte contre la corruption, entraide internationale, et structuration des mécanismes de confiscation et de gestion des biens saisis et confisqués, la lutte contre le blanchiment de capitaux, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive (LCB/FT/FP).

1- Du 09 au 13 novembre 2025, aux Emirats Arabes Unis, l’équipe de la SRC sous la conduite de Madame Le Directeur Général a participé à la conférence mondiale de l’Organisation Internationale de Police Criminelle – INTERPOL (OIPC-INTERPOL) sur la lutte contre la corruption, le blanchiment des capitaux, le financement illicite, la circulation des produits de la corruption, ainsi que les nouveaux mécanismes internationaux de recouvrement des avoirs criminels.

La SRC au cœur de la Conférence mondiale d’Interpol sur la lutte contre la corruption et le recouvrement des avoirs criminels
Exposé de Madame Marie Rose MESSI, Directeur Général de la SRC, à la Conférence mondiale de l’OIPC-INTERPOL sur la lutte contre la corruption et le recouvrement des avoirs criminels à Abu Dhabi aux Émirats arabes unis (EAU)

La SRC y a pris une part active, Madame Le Directeur Général a présenté l’expérience camerounaise en matière de traçage, de saisies et de recouvrement des avoirs criminels. Elle a exposé les avancées réalisées au cours des dernières années, notamment en matière de coopération institutionnelle, de procédures judiciaires, de gestion des avoirs confisqués et de collaboration internationale. Elle a également souligné les défis persistants, liés à la complexité des réseaux criminels, aux lenteurs procédurales et aux besoins de renforcement des capacités techniques et opérationnelles.

2- Dans la même période, l’engagement de la SRC au sein des réseaux spécialisés dans la recherche et le recouvrement des avoirs criminels — notamment à travers sa participation à la 12e Assemblée générale d’ARINWA (réseau Afrique de l’Ouest ) du 26 au 28 novembre 2025 à Dakar, et son admission le 20 janvier 2026 comme observateur à l’ARINCA (Réseau Afrique Centrale) — traduit une orientation stratégique : intégrer les circuits d’entraide opérationnelle qui permettent de travailler efficacement sur les avoirs transfrontaliers.

3- Du 03 au 05 décembre 2025, une équipe de la SRC sous la conduite du Directeur Général a séjourné au sein de l’Agence de recouvrement et de gestion des avoirs saisis et confisqués (AGRASC) à Paris. Cette mission s’inscrit dans un
objectif de benchmarking et d’appropriation des meilleures pratiques en matière de gestion des avoirs criminels confisqués.

Equipe de la SRC à l’AGRASC

4- Du 05 au 13 janvier 2026, à Lisbonne au Portugal, Madame le Directeur Général de la SRC a fait partie de la Délégation Camerounaise conduite par le Pr Monsieur SHOUAME Alexandre, Chargé de missions à la Division de l’Économie, de la Prospective, du Budget et des Finances des Services du Premier Ministre, lors de la réunion en face à face avec les experts du groupe conjoint Afrique de International Co-operation Review Group (ICRG) du Groupe d’action financière
(GAFI).
La participation de la SRC à cette importante réunion augure du rôle primordial que la SRC sera amenée à jouer dans la lutte contre le blanchiment des capitaux, le financement du terrorisme et la prolifération des armes de destruction massive, en qualité d’organe de gestion des avoirs saisis et confisqués au Cameroun.

Madame ADIABA-NKEMBE Jacqueline, Présidente de la Commission de Surveillance du Marché Financier de l’Afrique Centrale ; Monsieur AMADOU SOULEY, Directeur des Affaires Pénales et des Grâces au Ministère de la Justice ; Pr Monsieur SHOUAME Alexandre, Chargé de missions à la Division de l’Économie, de la Prospective, du Budget et des Finances des Services du Premier Ministre ; Monsieur NDE SAMBONE, Directeur de l’ANIF et Madame Marie Rose MESSI, Directeur Général de la SRC en compagnie du Président et des membres de l’ICRG

5- Le 14 janvier 2026 à Paris, l’ambassade du Cameroun en France, représentée par Monsieur André Magnus EKOUMOU, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire, et la Société de recouvrement des créances du Cameroun (SRC), représentée par Madame Marie Rose MESSI, Le Directeur Général, ont signé, au cabinet de l’ambassadeur, une importante convention de partenariat dans le cadre des recouvrements des créances de l’État dans l’Hexagone.

Signature de la convention de partenariat entre la SRC représentée par Madame Marie Rose MESSI, Le Directeur Général, et l’Ambassade du Cameroun en France, représentée par Monsieur André Magnus EKOUMOU, Ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire.

Cette convention historique qui produit des effets de droit entre les deux parties est valable pour une période de 3 ans renouvelable par tacite reconduction, sauf dénonciation expresse par l’une des parties, marque une étape importante dans
la détermination des pouvoirs publics à recouvrer à l’extérieur les créances de l’Etat et à traquer les débiteurs partout où se trouve leur patrimoine.

Les bénéfices : pour la SRC, et surtout pour l’État

Pour le Gouvernement, la dynamique en cours présente plusieurs bénéfices structurants : amélioration de la mobilisation des ressources, consolidation de l’effectivité des décisions, renforcement de la crédibilité financière et réduction des pertes liées aux créances anciennes ou difficiles. Pour la SRC, l’enjeu est la montée en capacité : procédures mieux sécurisées, expertise renforcée par la coopération internationale, dispositifs opérationnels consolidés et meilleure articulation entre action interne et action à l’étranger. À travers cette densification des activités, la SRC cherche à se projeter comme un outil moderne, outillé et crédible, au service d’une ambition claire : protéger la fortune publique, soutenir l’autorité financière de l’État et inscrire le recouvrement dans une logique de résultats, de transparence et de responsabilité.

Une institution attendue sur la durée

Le constat qui s’impose est celui d’une institution qui, depuis la fin 2025, occupe un terrain de plus en plus stratégique. Recouvrement effectif, coopération internationale, protection du patrimoine public à l’étranger, conformité et crédibilité : autant de chantiers où la SRC s’expose naturellement, parce qu’elle touche à des intérêts parfois puissants et à des enjeux politiques et économiques majeurs. Mais au-delà des controverses et des bruits de fond, ce qui fait foi demeure l’action : les actes posés, les procédures conduites, les partenariats structurés et la capacité à produire des résultats. Sur ce terrain, la SRC entend visiblement inscrire son action dans la durée, avec une promesse implicite : faire du recouvrement non pas un slogan, mais un instrument durable de gouvernance publique.

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