Séminaire de formation sur la lutte contre la corruption, le blanchiment de capitaux et le recouvrement des avoirs criminels au Cameroun

Dans un contexte international marqué par la mondialisation des échanges financiers et la sophistication croissante des circuits criminels, la lutte contre la corruption et le blanchiment de capitaux s’impose aujourd’hui comme un enjeu majeur pour les États et les institutions. Ces phénomènes, étroitement liés, portent gravement atteinte à l’intégrité des systèmes économiques et financiers, affaiblissent la gouvernance publique et compromettent le développement durable.

Face à ces menaces, la Communauté internationale, à travers divers mécanismes et organisations, s’est engagée à renforcer les dispositifs de prévention, de détection et de répression, tout en facilitant l’identification, la saisie, la confiscation et la restitution des avoirs criminels. Au niveau national, cette dynamique se traduit par l’adoption d’un cadre juridique, la mise en place des structures spécialisées, et le renforcement des capacités des acteurs impliqués.

C’est dans cette perspective que s’inscrit le séminaire de formation consacré à la lutte contre la corruption, le blanchiment de capitaux et le recouvrement des avoirs criminels au Cameroun auquel ont pris part (36) trente-six professionnels, issus des Ministères en charge des Finances, des Domaines, des Relations Extérieures, de la Justice, de la Défense, des Marchés Publics, ainsi que de la Délégation Générale à la Sûreté Nationale, de l’Agence Nationale d’Investigation Financière, de la Commission Nationale Anti-Corruption, du secteur bancaire, et la Société de Recouvrement des Créances du Cameroun.

Cette formation avait pour objectif principal de doter les participants des connaissances théoriques et pratiques nécessaires. Elle était doublée d’un partage d’expériences, pour davantage appréhender les contours des infractions économiques, et identifier les outils opérationnels et juridiques pour les combattre.

Le séminaire s’est tenu du 30 mars au 03 avril 2026, au CONCORD INTERNATIONAL HOTEL, à Yaoundé, sous l’encadrement technique de l’OIPC-INTERPOL, avec la Co-organisation matérielle de la Délégation Générale à la Sûreté Nationale (DGSN) et de la Société de Recouvrement de Créances du Cameroun (SRC).

 Les 23 sujets présentés ont été regroupés en (05) cinq thématiques :

  • Thématique 1 — Présentation de l’OIPC-INTERPOL ;
  • Thématique 2 — Conformité de la législation nationale aux standards internationaux ;
  • Thématique 3 — Outils de l’OIPC-INTERPOL ;
  • Thématique 4 — Enquêtes financières et parallèles ;
  • Thématique 5 — Blanchiment de capitaux et financement du terrorisme.

Au terme des travaux 23 recommandations ont été formulées. Il s’agit :

  1. Organiser au sein des administrations participantes une session de restitution au bénéfice des autres personnels ;
  2. Inciter les entités publiques et privées à mettre sur pied des bases de données dématérialisées accessibles aux administrations chargées de l’application de la loi ;
  3. Encourager le recours systématique au BCN dans le cadre de la coopération policière internationale avec l’OIPC-INTERPOL ;
  4. Systématiser la transmission des décisions de justice définitives en matière de crimes financiers et de corruption au BCN INTERPOL ;
  5. Renforcer la collaboration entre les différentes administrations impliquées dans la lutte contre la corruption et la criminalité financière ;
  6. Intensifier la vulgarisation des normes relatives à la lutte contre la corruption et les crimes financiers, et accentuer la surveillance de l’économie informelle ;
  7. Appliquer les textes réprimant la pratique du change informel ;
  8. Développer une culture de veille informationnelle, notamment par l’abonnement à des revues spécialisées ;
  9. Promouvoir la formation continue et la spécialisation des acteurs intervenant dans la lutte contre la corruption et la criminalité financière ;
  10. Encourager le travail en équipe, le partage d’informations, et éviter l’appropriation individuelle des dossiers ;
  11. Exploiter le registre central des bénéficiaires effectifs tenu par l’administration fiscale ;
  12. Clarifier les compétences entre les différentes institutions de lutte contre la corruption et les crimes financiers ;
  13. Encadrer rigoureusement la gestion des investissements publics pour éradiquer la corruption ;
  14. Renforcer les capacités des acteurs chargés de l’application de la loi sur les enjeux de la cryptomonnaie ;
  15. Identifier, en urgence, des dossiers susceptibles de faire l’objet d’une publication de Notice argent d’INTERPOL ;
  16. Mettre en place un cadre de concertation interinstitutionnel avec le BCN INTERPOL pour optimiser la rédaction et l’émission des notices et le suivi des dossiers ;
  17. Confier le mandat de gestion des avoirs saisis, gelés et confisqués à la SRC ;
  18. Donner les moyens adéquats aux services chargés de l’application de la loi ;
  19. Élargir les compétences de la CNCGA au gel des avoirs relatifs au blanchiment de capitaux ;
  20. Permettre aux administrations compétentes (MINMAP et ANIF) de vérifier l’origine des fonds destinés au financement des investissements publics ;
  21. Renforcer l’éducation à l’intégrité dans le système scolaire et universitaire camerounais ;
  22. Vulgariser l’usage de l’intelligence artificielle comme outil dans la lutte contre la corruption et les crimes financiers ;
  23. S’intéresser et réprimer la corruption, le dopage, le trucage des matchs et les paris illégaux dans le sport.